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  • Patrick Lerot

Pourquoi devrais-je (ré)apprendre à écouter mon intuition?


On a souvent appris à réfléchir de manière rationnelle, logique, raisonnée…


Dès lors, quand on doit prendre une décision, c’est souvent de manière cartésienne.

Ce qui est très bien.

Quand il s’agit de payer une facture à temps, il est bien question d’être rationnel. Je ne connais pas de créancier qui accepterait d’être payé en retard « parce que mon intuition m’a dit que je pouvais m’accorder un délais de paiement supplémentaire ».

Toutefois, il semble que cet esprit cartésien aie pris le dessus sur cette petite voix intérieure, de manière permanente.

Je vais vous raconter une histoire personnelle.

Elle ne commence donc pas par « il y a très très longtemps dans un pays lointain, ...» .

Mais plutôt comme ceci :

« Il y a de ça une petite vingtaine d’années, à l’époque où j’œuvrais encore en tant qu’employé, j’avais décroché un CDI dans mon domaine de compétence de l’époque. Mon futur employeur m’offrait une fonction dans laquelle j’étais à l’aise, avec un salaire intéressant et des avantages confortables (voitures, gsm, ordinateur, etc.). Bref, le confort à la fois financier et du domaine de compétence que je maîtrisais depuis presque 10 ans. Je devais signer mon contrat d’embauche le vendredi et nous étions le lundi de la même semaine.

Or, ce premier jour de cette semaine, je reçois un appel d’une société d’intérim qui me parle d’un emplois temporaire de 3 semaines, pour un job qui ne me parle pas plus que ça, avec un salaire moindre et avec peu de chance de renouvellement et encore moins d'un cdi. Sans hésiter, je refuse en expliquant pourquoi. Le même jour, une autre agence intérimaire m’appelle pour exactement la même raison. Mêmes conditions, même réaction de ma part. Et toujours cette même journée, un troisième coup de fil d’une autre société de travail temporaire pour…. la même fonction dans la même entreprise. Mêmes conditions, même réaction de ma part.

Trois appels, trois « merci, mais j’ai mieux ».

Dans l’heure qui a suivi ce dernier contact, un questionnement intérieur me vient. A l’époque, j’étais beaucoup, mais alors vachement beaucoup plus terre à terre qu’aujourd’hui. Et ce questionnement intérieur est assez nouveau. Pas parce que je ne me remettais pas en question avant, mais plutôt par la manière dont je l’ai ressenti. Il ne venait pas de ma tête. C’était moi qui m’interrogeait, et en même temps, je n’avais pas l’impression que c’était moi.

Là normalement, si un psychiatre me lit, je suis en train de glisser dans la catégorie « risque de schizophrénie ». Et peut-être que je suis en train de perdre la moitié d’entre vous qui me lisez.

Qu’à cela ne tienne, cette petite voix me dit : « trois appels, pour le même job ? Y’a pas un truc qui t’interpelle là ? ». Et j’ai fait ce que je n’aurais jamais fait avant. J’ai rappelé le dernier numéro et la dame avec qui j’avais parlé en dernier. Je lui ai demandé s’il était possible malgré tout de passer l’entretien et les tests en lui expliquant de manière transparente pourquoi je changeais d’avis.

Elle m’a répondu avoir envoyé toutes les candidatures à son client et avoir clôturé. Et elle a toutefois ajouté qu’elle « téléphonait sans délais à son client pour lui demandé s’il était possible de m’ajouter à la liste ».

Le lendemain, je réussissais les tests, j’étais reçu à l’entretien et la RH me disait après que je lui ai expliqué ma situation : « la balle est dans votre camp. Donnez moi votre décision aujourd’hui, je vous attend. »

Pendant l’heure qui a suivi, autant vous dire que j'ai cogité. Mais je me sentais euphorique à l’idée d’y aller…

J’ai rappelé et j’ai accepté. J’ai aussi appelé mon « premier contrat » pour m’excuser et informer que je ne viendrais pas le vendredi.

Je suis resté 15 ans dans cette société. J’y ai même rencontré ma compagne avec que je vis heureux avec notre fille... La société pour laquelle j’ai refusé le contrat à durée indéterminée a fait faillite moins d’un an après.»


A travers cette histoire, je veux vous expliquer que notre intuition nous amène parfois à prendre des décisions qui nous paraissent aller à l’inverse du « bon sens ». Et pourtant, quand on apprend à l’écouter, pas à l’entendre mais à l’écouter, avec le recul, on apprend que c’était le bon choix.


Je suis d’accord pour dire que tous les messages ne sont pas aussi « forts » ou aussi transformateurs que celui-ci. Et heureusement. Parce qu’il ne s’agit souvent que de petites décisions, de petits choix, sans grandes conséquences.

Mais plus on l’écoute, plus on devient familier à le faire. Et quand on a appris à le faire pour de petites choses sans grandes conséquences, c’est bien plus facile et évident à reproduire quand il s’agit de grandes décisions.

Et écouter, ça s’apprend

Aimez-vous ,

Patrick

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